Alors que les années de crise avaient été marquées par un repli du dispositif français, la France se propose désormais de dynamiser l’action culturelle et la création artistique congolaise. Il s’agit pour la France d’accompagner la RDC dans la remise en valeur son potentiel culturel. Il s’agit, également, de préserver l’ancrage du pays dans la Francophonie par le développement de la diffusion de la culture francophone par la diffusion de l’écrit en langue française.
La France se propose de contribuer à la rénovation du réseau culturel franco-congolais, à la relance de la création ainsi qu’à la valorisation du patrimoine culturel congolais. Il s’agit de constituer des pôles culturels en centres de ressources pour le développement culturel, de développer la formation aux métiers de la culture et d’appuyer la nouvelle vague d’artistes congolais, notamment par le partage d’expériences.
L'Institut français de Kinshasa et ses antennes de Lubumbashi, Bukavu/Goma et Kisangani ont vocation à animer l’action culturelle au sein de pôles régionaux dans un pays berceau de la culture africaine. Ces espaces travaillent dans leurs zones d’intervention en partenariat avec des opérateurs culturels congolais ou étrangers, institutionnels et privés et un réseau d’alliances françaises. Instrument privilégié de cette politique, le centre culturel Halle de la Gombe est l’entité culturelle de référence; lieu de rencontres et d’échanges entre artistes et publics, entre les artistes entre eux, lieu de diffusion, lieu de formation et de professionnalisation, espace pour le débat d’idées.
Dans le foisonnement de la production musicale en RDC trois objectifs principaux sont visés par notre politique: la diversité des genres et des styles musicaux, la professionnalisation et l’émergence de nouveaux talents. Ces objectifs seront notamment portés par une politique de diffusion soutenue et variée dans les espaces culturels Halle de la Gombe à Kinshasa et Halle de l’Etoile à Lubumbashi. Des mesures spécifiques sont envisagées pour l’aide à la professionnalisation des musiciens tant sur le plan de la technique musicale elle-même (master class, organisation de rencontres et de séances de travail avec des musiciens professionnels de passage, mise à disposition d‘espaces de répétition…) que sur celui de l’environnement juridico-administratif (aide à la compréhension des conventions, respect de leurs clauses…) et technique (son et lumière). Une politique de veille, l’organisation de tremplins et l’instauration d’une première partie à chaque concert sont autant de moyens destinés à repérer de nouveaux talents musicaux.
Se situant dans la poursuite du projet de renforcement des compétences artistiques et professionnelles des métiers culturels, la France se propose de soutenir dans la production théâtrale du pays la « nouvelle vague » de metteurs en scène dans leurs démarches de confrontation des textes du répertoire contemporain international aux réalités congolaises. Les espaces culturels français entendent soutenir la diffusion des œuvres déjà créées par une politique de coopération concertée avec les espaces culturels congolais, afin de multiplier et de diversifier les rencontres avec les publics. L‘accueil de résidences de créations d’une part et de spectacles étrangers d’autre part sera autant d’occasions de nourrir l’imaginaire et d’enrichir le regard des dramaturges, des comédiens et des danseurs, des metteurs en scène et des chorégraphes congolais.
Dans ce domaine le projet de renforcement des compétences artistiques et professionnelles des métiers culturels a d’ores et déjà permis l’émergence de jeunes artistes, la circulation internationale de créateurs congolais, l’introduction de nouvelles disciplines et méthodes d’enseignement à l’Académie des Beaux-Arts, l’édition de petits ouvrages monographiques d’artistes. Cette dynamique se doit d’être poursuivie par la mise en œuvre d’une politique exigeante dont le vecteur prioritaire reste la professionnalisation des artistes : la recherche de leur propre authenticité, l’apprentissage du facteur temps dans le processus de création, l'attention portée à la présentation des expositions pour valoriser le travail des artistes.
En RDC, la France se propose d’appuyer les initiatives locales et de favoriser l’émergence de jeunes réalisateurs. Il s’agit de mettre en œuvre des actions de formation au profit de jeunes opérateurs, de soutenir la production de films et de documentaires et de soutenir des opérations de diffusion cinématographique dans les quartiers populaires de certaines villes du pays.
La France se propose de contribuer au développement du réseau de diffusion de l’écrit et éventuellement de la publication. Il s’agit de favoriser la mise en œuvre d’une politique de lecture publique par la reconstitution de fonds documentaires, la promotion des auteurs congolais dans leur pays et dans l’espace francophone et éventuellement l’aide à la publication.